Le village de Mont-devant-Sassey:

13 Siècles d'Histoire

sur les contreforts de l'Argonne

 

 

 

Avant les premiers recensements officiels du XVIIe siècle, on ne possède aucune information fiable sur la vie des habitants du hameau qui aurait été fondé par Begge, trisaïeule de Charlemagne, à la fin du VIIe siècle. Mais on a retrouvé sur place et dans toute la région des vestiges bien antérieurs à la fondation du village.

A Sassey, la côte « Châtel » serait un ancien camp romain qui commandait le passage de la Meuse.

A Dun-sur-Meuse, les Gaulois avaient établi un oppidum et les Romains un castrum. La forêt de Mont était peuplée de druides celtes attirés par le magnétisme des sources et on sait qu’un sacellum romain (oratoire païen) occupait l’emplacement de l’église actuelle. Mais l’origine du village de Mont-devant-Sassey (de « Mons-a-Sacellum» en référence à l’oratoire qui s’y trouvait) remonterait à 680, lorsque Begge y aurait fait édifier la première église…

 

 

Begge est issue de la famille des Pippinides, une illustre lignée mérovingienne fondée par Clovis, premier roi des Francs catholique. Trisaïeule de Charlemagne, elle est à l’origine de la dynastie carolingienne. Elle est la fille de Pépin dit de Landen, Maire du palais d’Austrasie (en vert sur la carte). Elle épousa Anségise (fils de saint Arnould, Evêque de Metz qui se vit confier l’éducation de Dagobert II, dernier roi mérovingien, assassiné tout à côté de Mont-devant-Sassey, dans la forêt de Woëvre).

 

Begge et Ansegise partagèrent leur vie entre Andenne, Chèvremont, Jupille et Mont-devant-Sassey : la « Ferme de Jupille » existe encore à l’emplacement de la villa royale de Pépin de Landen, derrière la colline de Mont (carte). Ils possédaient un immense domaine qui s’étendait de la Haute Meuse à la vallée du Rhin. La Meuse leur permettait de circuler jusqu’aux confins de leur territoire. Le fleuve relie notamment Liège, Andenne et Mont-devant-Sassey… Mère de Pépin de Herstal, sainte Begge est la grand-mère du célèbre Charles Martel qui serait né à Andenne (B) et y aurait grandi.

Un jour de chasse qu’on situe à Andenne, à Chèvremont ou à Sassey (selon que l’on est Liégeois, Andennais ou Montois !), Anségise recueillit un enfant sur le bord du chemin, l’adopta et l’appela Gonduin : Gondoin est aujourd’hui un patronyme commun dans la région de Stenay, ancienne capitale mérovingienne….

 

 

Mais vers 670, Gonduin assassina son père. Begge, anéantie par le chagrin, aurait pris le voile, aurait fondé le Chapitre des Chanoinesses dont elle serait devenue la première Abbesse, et aurait érigé vers 680 une petite église sur la colline de Mont, peut-être à la mémoire d’Anségise.

Les Normands ravagèrent et pillèrent Andenne en 883 puis le Comte de Namur la réduisit en cendres vers 1050. Les religieuses du monastère furent alors obligées de fuir et se réfugièrent sur leurs terres à Mont-devant-Sassey, dans le Clermontois (près de Verdun). Elles y demeurèrent plus d’un demi-siècle et y édifièrent une nouvelle église à partir de 1127, à l’emplacement de l’église primitive.

Les religieuses firent aussi construire, sur les coteaux de l’église, leurs habitations qui ont conservé le nom de cloître. La forme de ces quartiers d’habitation aura déterminé le plan du village tel qu’il demeure actuellement, épousant le contour du contrefort boisé où domine l’église.

La rue principale de Mont-devant-Sassey s’appelle encore aujourd’hui : rue d’Andenne.

 
 

 

MONT-DEVANT-SASSEY eut à subir bien des épreuves jusqu’à nos jours. Les Dames d’Andenne purent conserver la Seigneurie de Mont jusqu’à la Révolution mais on essaya plusieurs fois de les spolier de leurs biens. Primitivement, Mont et Sassey ne formaient qu'un seul ban. Ce n'est qu'en 1307 (date de leur affranchissement à la loi de Beaumont) qu'ils furent séparés. Les archives ne nous apprennent rien de bien particulier pour cette époque sinon des transactions, l'application de l'affranchissement (redevances versées au Seigneur, ...), la gestion des forêts, ... Mont faisait partie de la Prévôté de Dun, c'est à dire du Clermontois qui constituait un des ensembles les plus importants du Comté puis Duché de Bar, indépendant de la France.

Le nom du village fut orthographié de différentes manières : "MONS" en 1257 dans le cartulaire de la cathédrale de Verdun, et en 1307 dans une charte de Gobert d'Apremont : "DE MONTIBUS" et "MONT" à partir de 1571. Cette dénomination s'explique par la topographie locale.

Au XVIIe siècle, l’église de Mont-devant-Sassey dut être fortifiée pour résister aux assauts lors de la Guerre de Trente Ans et de la Fronde mais elle subira de très nombreuses attaques et des dommages successifs. En 1637, le maréchal de Châtillon tente, en vain, de déloger des brigands réfugiés dans l'église. C'est la guerre de Trente Ans, époque la plus tourmentée de toute l'histoire de la Lorraine.

En 1652, le comte de Grandpré et les soldats français se sont retranchés dans l'église. Les partisans du Prince de Condé et leurs alliés espagnols projettent de les attaquer, mais ils renoncent car l'essieu de leur canon venant de Stenay casse. L'année suivante, une garnison française est installée dans l'église qui devint ainsi une sorte de caserne. Cette fois les Espagnols attaquent vraiment après un bombardement occasionnant d'importants dégâts. Des traces des combats de 1637 et 1653 sont encore visibles sur le mur nord de l'édifice.

Jusqu’au XVIIIe siècle, des troubles et des pillages associés aux disettes et aux épidémies, notamment de peste, ont ruiné la région et fait disparaître une partie importante de la population du village.

 

Du Moyen Âge au XVIIIe siècle, les épidémies et les conflits meurtriers et dévastateurs vont s’enchaîner sans interruption. Les populations fluctuent mais n’augmentent guère en raison des fléaux (la peste, la tuberculose, les guerres…).

Mais les choses évoluent au XIXe siècle et, malgré une épidémie de choléra en 1854, la population augmente de 60% ! On atteint 713 habitants au pied de l’église : la fonderie de cloches est en pleine activité, le vignoble qui couvre tout le coteau produit de quoi faire fonctionner 3 pressoirs, le ruisseau des Thalettes actionne un moulin à farine et la roue à aubes d’une scierie, on crée un four banal et les bûcherons, savetiers ambulants et agriculteurs peuvent se retrouver dans les 6 cafés de la commune !

 

Le XIXe siècle est en effet marqué par la Révolution Industrielle et, à proximité de MONT, tout le long de la Meuse, on a vu s’installer des aciéries, des fonderies et des forges comme celle de STENAY toute proche.

 

On a d’abord produit de la fonte et de l’acier, puis on a fabriqué des pièces mécaniques, des constructions métalliques, des tubes, des tôles,… Vers 1830, le département de la Meuse était le plus prospère de France en métallurgie grâce à un combustible bon marché et disponible en quantités énormes sur place : le bois. Les industries proches de MONT étaient nombreuses mais de petite taille et n’ont pas pu rester concurrentielles. A Stenay, les dernières forges ont fermé en 2003.

Le village de Mont-devant-Sassey a lui-même abrité pendant un siècle une fonderie de cloches réputée dans toute la France :

 

la Fonderie Jeanne d’Arc.

 

La fonderie hier ...

 

... et la fonderie aujourd'hui, devenue maison d'hôtes.

Elle était construite en pierres locales, un peu à l’écart du village par crainte des incendies. De plan carré, elle était surplombée d’un lanterneau à volets destinés à la ventilation pendant les coulées : les gaz toxiques pouvaient s’échapper par les ouvertures.

 

 

 

Le lanterneau à volets.

 

Au départ, Claude-Alexis FARNIER est un Saintier, c’est-à-dire un fondeur ambulant. Mais il se fixe à MONT dès 1826. Il y meurt du choléra en septembre 1854, en même temps que 3 de ses enfants. Son fils Gustave, puis à sa suite son petit fils Charles, assureront la prospérité de l’entreprise jusqu’en 1908 où la famille est entièrement décimée par l’épidémie de grippe.

 

 

Il est difficile de quantifier la production des FARNIER mais on estime que 1226 grosses cloches au moins sont sorties de la fonderie fixe de Mont, sans compter les petites cloches et les carillons! La plus grosse cloche recensée pesait 5724 kg, celle du petit bourdon de la cathédrale de Verdun 2900 kg. Cette production était vendue dans toute la France et aussi dans les colonies. Mais cette activité très artisanale s'avéra très fragile et ne résista pas à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. La veuve de Charles Farnier fit alors publier un petit article dans la Semaine Religieuse de Verdun afin d'inviter les Curés et Paroisses à lui adresser des commandes, mais le résultat ne fut pas suffisant et la fonderie ferma définitivement en 1908.

 

Les cloches en bronze étaient fabriquées par le procédé de la cire perdue. La fonderie était dotée d’un grand four à réverbère circulaire surmonté de deux cheminées. Les moules complets suspendus à un pont roulant ou à une grue étaient descendus dans la fosse de coulée située en contrebas du four.

Pour le décor des cloches, le fondeur disposait d’une collection de matrices en bois ou en plâtre gravées en creux : il réalisait des motifs et inscriptions personnalisés par moulage à la cire d’abeilles.

 

 

   

La descente des moules dans la fosse.

 

Schéma du four à réverbère.

 

Les moules posés dans la fosse.

 

La fabrication des moules à cire perdue.

 

La montée des cloches au clocher.

 

 

Un « souvenir » des Saintiers de Mont-devant-Sassey demeure au village : la tombe de la famille Farnier, dans le vieux cimetière, rappelle l'épidémie de choléra qui décima une partie des villageois en 1854.

Le 31 août à 9h du matin mourut Adolphe Farnier (fils du fondateur) puis, à 15h décéda sa fille Marie âgée de 5 mois. Le 2 septembre Alexis fut emporté à son tour et trois jours plus tard Zoé âgée de trois ans, succomba. Sur la tombe familiale on remarque une pierre portant un creux de forme circulaire, ancien emplacement d'une petite cloche (flèche) scellée à cet endroit pour entretenir la mémoire des Fondeurs de Mont. La légende raconte qu’elle était en or ! Et c’est peut-être vrai car elle ne fut pas longue sur cette tombe… !

C’est peu après cette épidémie de choléra si meurtrière que l’on découvrit une statuette de la Vierge dans un champ, en bord de route de Montigny, à proximité d’une source. On y vit un signe et l’on marqua l’endroit en construisant, par-dessus la source, une petite chapelle néo-gothique: Notre-Dame Protectrice des Petits Enfants.

A partir de ce moment, on organisa tous les ans, au 1er mai, un pèlerinage rassemblant tout le village : le cortège allait de maison en maison quérir les enfants malades que l’on emmenait à la chapelle. Pour obtenir leur guérison (ou leur protection contre les maladies), Monsieur le Curé les aspergeait avec l’eau de la source qu’on disait miraculeuse, puis les bénissait.

 

Le pélerinage du 1 mai à la chapelle dans les annèes 1900.

   

 

 

Le pèlerinage restauré en 2011, conduit par Mgr l'Evêque de Verdun et Monsieur le Curé Louis-Roger.

Autrefois, la plupart des chefs de famille de MONT exerçaient la profession de cordonniers ambulants, partant pendant de longs mois arpenter les chemins pour offrir leurs services. Mais dès la fin du XVIIIè siècle, c’est l’agriculture et le travail de la vigne qui ont été les principales et presque seules activités du village. On a compté jusque 400 hectares de champs cultivés et de pâtures en 1889 !

 

 

   

les moissons vers 1900

 

Les pâturages et les labours autour du village

 

 

Une autre activité importante à Mont-devant-Sassey a longtemps été la cueillette et la transformation des orties : celles- ci étaient cuisinées sous forme de soupes ou d’épinards, servaient à préparer du vin, du shampoing du purin ou des cordes et ont même été utilisées pour confectionner de la toile pour fabriquer les sacs de terre des tranchées allemandes pendant la guerre 1914-1918.

Aujourd'hui encore l'ortie est utilisée dans la fabrication de la pâte à papier des billets de banque, … ce qui explique peut-être pourquoi l'argent nous brûle les doigts !

Mais le sol argilo-calcaire de MONT-DEVANT-SASSEY et l’exposition favorable des coteaux de la rive gauche a surtout fait des coteaux autour du village un lieu de prédilection pour la culture de la vigne et l’élaboration du vin.

Ce serait l’envahisseur romain qui aurait cultivé les premiers plants de «Vitis Vinifera» dès le IIIe siècle et c’est à partir du XIe siècle qu’une viticulture intensive se développe. Grâce à la proximité de la Meuse et des anciennes voies romaines, les vignobles meusiens exportent dès le Moyen Âge aux Pays Bas et en Angleterre. Au XVIIIe siècle, entre 1783 et 1785, les vignobles de la Meuse française, dans leur ensemble, exportent jusqu’à Varsovie, en Pologne.

A l’époque, la quasi-totalité de la superficie de la colline autour et derrière l’église de Mont est plantée de vignes et les échalas en bois de chêne rythment de leurs alignements les paysages des environs du village.

L’apogée viticole à MONT est atteinte au XIXe siècle : le département devient alors le plus productif de France (en 1804, la production est équivalente à celle de l’Alsace de nos jours). Le Pinot était le plus répandu et apprécié : le Duc François de Lorraine avait même édicté, en 1730, un arrêté qui commandait l’arrachage des autres variétés qualifiées de « grosses races ». Au XIXe siècle, même si 130 cépages différents étaient utilisés dans le département de la Meuse, le « monopole des pinots » était quasi-total de Montmédy à Verdun avec plus de 75% de surfaces plantées en Pinot Noir, Pinot Blanc, Pinot Meunier ou Pinot Gris….

Le déclin débute avec la guerre de 1870. L’importation de vins étrangers restreint la demande pour les vins meusiens puis l’épidémie de phylloxera du début du XXe siècle et la Guerre 14-18 mettront un terme à l’activité viticole du nord meusien. Mont a conservé le bâtiment qui abritait le pressoir du village, rue Grande : il sert aujourd’hui de salle d’exposition pour l’antique voiture des pompiers !

A Mont-devant-Sassey, le « Chemin des Vignes » est resté à sa place et longe encore l’emplacement du vignoble d’autrefois.

Les Amis de l’Eglise de Mont rêvent de rendre ses vignes au coteau de l’église pour restituer au site son caractère et sa magie d’antan….

 

La nature du sol de Mont, qui a favorisé la culture de la vigne et des orties, l’agriculture ou la production des arbres fruitiers, a aussi fourni en abondance au village l’eau dont il avait besoin pour toutes ses activités. Mont-devant-Sassey, à proximité de la Meuse, est situé sur un très important aquifère et, depuis toujours, l’eau affleure à certains endroits. Elle crée des zones humides (gravières et plans d’eau de la vallée) et/ou jaillit sous forme de sources résurgentes (comme sous la chapelle Notre Dame Protectrice des Petits Enfants).

Les rues et places de Mont-devant-Sassey bruissent nuit et jour depuis des siècles du gargouillis des fontaines, lavoirs et abreuvoirs, parfois véritables éléments d’architecture constituant un patrimoine particulièrement touchant parce que témoin de la vie quotidienne depuis plus de 1000 ans.

Jusqu’aux XVIIIe et XIXe siècles, de terribles épidémies ont souvent été causées par des eaux stagnantes de mauvaise qualité. A Mont-devant-Sassey comme partout ailleurs, on utilisait indifféremment les mêmes bassins pour prélever l'eau alimentaire, laver le linge ou abreuver les animaux.

Après 1789, l’Etat charge les municipalités de la distribution de l’eau pour garantir à tous les citoyens de bonnes conditions de salubrité. Dans les villes et les villages, on fait appel aux meilleurs architectes et on met en œuvre les progrès scientifiques (hygiène) et techniques (nouveaux procédés de captage, constructions) pour procurer un meilleur confort aux citoyens et aux lavandières.

On tente autant que possible de donner au lavoir une position centrale dans le village ou le tissu urbain : il devient un point d’articulation, un lieu de rencontre où seules les femmes se retrouvaient autour de la corvée de lessive… Un lieu où s’échangeaient tous les commérages, où se réglaient les conflits.

En Meuse, ils ont souvent été couverts. Les plus simples sont en bord de rivière, souvent protégés par un toit et entourés de parois en pans de bois ou en torchis, en pierre ou en briques.

Le lavoir de la rue de la Rochelle est simplement surmonté d’une charpente posée sur des piliers et d’un toit en tuiles à double pente pour protéger les lavandières.

 

 

 

La mairie-lavoir de Mont-devant-Sassey, rue d’Andenne, est classée aux Monuments Historiques. C’est un édifice très rare qui date de 1825. L’architecte Théodore OUDET a bâti une Mairie en réutilisant le lavoir existant. On accède aux (anciens) locaux de la municipalité par un escalier à double volée.

Cette mairie-lavoir était le centre de la vie politique et sociale du village et symbolisait la répartition sexuée des rôles : à l’étage, le bureau des hommes qui débattaient des affaires publiques et au-dessous l’espace de travail des femmes qui réglaient entre elles les affaires privées, domestiques, voire intimes, qui discutaient de l’hygiène et de la propreté de la maisonnée. Il devait y avoir de l’ambiance autour du bassin !

Les lavandières et laveuses se rendaient presque tous les jours au lavoir avec leurs brouettes qu’elles laissaient à l’entrée et qui témoignaient de l’activité des lieux. Lors des réunions du Conseil Municipal, l’acoustique de l’endroit faisait que chacun entendait les conversations de l’autre !

Vu son importance au centre de la communauté, l’édifice a été particulièrement soigné tant d’un point de vue architectural que sur le plan du choix des matériaux, ceux habituellement réservés aux édifices nobles : pierre de taille du pays, couverture en ardoises reposant sur une charpente en chêne, niches et ferronneries…

Dans les lavoirs ou disposées aux coins des rues, plusieurs fontaines alimentaient aussi le village. Elles étaient avant tout destinées à faciliter l’existence quotidienne des habitants en amenant l’eau jusqu’à proximité immédiate des maisons et des étables (pour les bêtes). Mais elles étaient aussi un lieu de rencontre obligé et une occasion de doter les municipalités d’œuvres qui contribuent à leur embellissement…

   
 

A Mont-devant-Sassey, les fontaines-abreuvoirs étaient très simples, à une seule arrivée d’eau prolongée par un bassin rectangulaire en pierre qui servait d’abreuvoir à débordement, sans aucun décor sculpté.

Dans les années 1970, toutes les fontaines du village avaient été abandonnées, comblées ou revendues pour que les habitants utilisent l’adduction d’eau… qui avait été si coûteuse à installer ! Beaucoup d’efforts ont été nécessaires depuis une vingtaine d’années pour les remettre en service et les mettre en valeur. Celles qui sont asséchées font désormais office de jardinières…

 

La fontaine-abreuvoir ( aujourd'hui disparue ) au coin de la rue d'Andenne et de la rue de Moranville.

 

   

La fontaine-abreuvoir de la rue du Sagnaux

 

La fontaine-abreuvoir de la rue Baudin

 

La fontaine-jardinière rue Grande

Mais poursuivons l’histoire du village…

A Mont-devant-Sassey, le début du XXe siècle s’avère calamiteux.

La famille Farnier est emportée par la grippe et la Fonderie de Cloches ferme en 1908. Les vignes disparaissent, décimées par le phylloxéra : elles ne seront jamais replantées car les hommes partis à la guerre ne sont jamais revenus. Le moulin et la scierie s’arrêtent.

Le village se trouve dans la zone des combats qui dureront 4 ans : c’est le terrible champ de bataille de VERDUN. Mont et les villages alentours subiront les combats et les destructions dès la fin août 1914.

 

La voie Sacrée en 1916

 

Les destructions de la fin août 1914

 

 

Les 30 et 31 août 1914, les combats de Mont-devant-Sassey et de Montigny seront parmi les plus violents à s’être livrés en Meuse. Nombre de membres de l’Ecole d’escrime et de gymnastique de Joinville y prirent part et y laissèrent leur vie…

Le 31 août, le 124e Régiment d’Infanterie français affrontera un régiment du futur Maréchal Rommel dans le bois de Mont, derrière l’église : les hommes des 2 camps périront jusqu’au dernier. Les villageois retrouveront leurs cadavres et inhumeront ensemble les 22 Français et les 23 Allemands, désormais égaux dans la mort. Les dépouilles ont été transférées dans des cimetières militaires après la fin de la guerre.

Un monument se dresse encore à l’endroit où les villageois avaient aménagé la sépulture provisoire. On y accède par un petit chemin qui monte dans la forêt, au-dessus du vieux cimetière. En 2003, un groupe de scouts belges de la 95ème Unité Saint-Henri est venu participer à la remise en état de l’édifice et du site avec les Amis de l’Eglise de Mont et des volontaires du village : des travaux de mémoire pour construire ensemble l’Europe de demain…

Chaque année, le 11 novembre, au pied de ce monument, hommage est rendu aux victimes de la Première Guerre, et tout particulièrement à celles de ce 31 août 1914.

 

 

Mais il y a les monuments en pierre, … et les autres. Car la guerre a aussi fait une victime civile à Mont-devant-Sassey, bien après la signature de l’Armistice.

A l’angle du porche de l’église se dresse encore un marronnier plus que centenaire. On aurait pu le couper depuis longtemps car il est difforme et éventré, mais l’arbre est une sorte de « monument historique ». En effet, après la guerre 14-18 et le pillage des cloches des églises par les Allemands, chacun a dû trouver un système pour annoncer les offices. A Mont-devant-Sassey, on avait récupéré et suspendu au marronnier devant l’église un tube à hydrogène des compagnies d’aérostiers sur lequel un enfant de chœur frappait avec une barre métallique pour imiter la sonnerie des cloches.

En 1923, le jeune Eugène Trichot sonnait la messe lorsque le tube chargé a accidentellement explosé, tuant net le gamin de 15 ans. Il fut considéré comme victime civile de guerre et une stèle a été posée au pied du marronnier qui rappelle encore aujourd’hui le traumatisme vécu au village.

Il faut savoir que la maman d’Eugène était enceinte de plusieurs mois lors du drame et que la petite fille qui vint au monde fut appelée Eugénie, en souvenir de son frère. Elle a toujours vécu à Mont-devant-Sassey et tous les habitants actuels l’ont encore connue puisqu’elle n’est décédée qu’en 2007.

L’histoire se raconte de père en fils depuis plusieurs générations et personne n’imagine toucher un jour à ce marronnier mutilé, sorte de « mémorial vivant » qui refleurit miraculeusement à chaque printemps …

De 1920 à 1940, la reconstruction ramène un peu de prospérité et on compte au village une boulangerie, deux épiceries, un café et une école qui accueille 40 élèves. Mais après 1945, les fermes pourtant encore prospères sont délaissées par les enfants d’agriculteurs partis chercher une vie meilleure dans les villes. De 329 habitants en 1901, le village se maintient avec environ 120 personnes depuis les années 60…

Aujourd’hui, Mont-Devant-Sassey est déclaré en Préfecture avec 127 habitants et 50 résidences secondaires pour le calcul des dotations. Depuis une dizaine d’années, l’espoir renaît avec les nombreuses naissances qui portent à 30 le nombre des moins de 20 ans !

Le village aujourd'hui...

 

 

 

 

Rue du Trou Claude Pierre et rue Grande.

 

Rue de la Rochelle .

 

   

Façades fleuries...

       

 

 

Vue de la rue du Sagnaux.

 

Coin de la rue Grande et de la rue d'Andenne.

 

 

Un intérieur de maison typique, avec la grande cheminée à corbeaux de pierre garnie d’une imposte moulurée en chêne, les portes basses, les murs en pierre, les planchers à larges lattes de bois. Dans certaines maisons, il reste la pierre à eau qui servait à faire la vaisselle dans la cuisine.

Les maisons de Mont étaient principalement occupées par des agriculteurs et d’énormes granges jouxtaient souvent le corps de logis.

 

La vie au village est rythmée par des fêtes et traditions qui se perpétuent :

- La Fête Patronale du 15 août rassemble chaque été tout le village et la population alentour. Les festivités commencent dès le 14 août au soir avec la retraite aux flambeaux : un cortège éclairé par les lampions des enfants parcourt le village jusqu’au pied de l’église où est tiré un magnifique feu d’artifice. Tout le monde se rassemble ensuite sur la place du village jusqu’aux petites heures. On partage des gaufres, on se réunit autour du barbecue et on se retrouve à la buvette. Un orchestre anime le bal musette toute la nuit. Le lendemain, les stands de jeu accueillent petits et grands tout l’après-midi et on se réunit de nouveau à la buvette ou aux tables dressées au milieu de la rue avant le bal disco du soir.

 

- Le 11novembre : Cérémonie officielle aux héros des 2 guerres et « repas choucroute » convivial à la Salle des Fêtes .

Les Elus se rassemblent au monument aux morts en fin de matinée pour la cérémonie d’hommage et le dépôt de fleurs puis on se dirige en cortège jusqu’au « monument allemand » dans la forêt, au-dessus de l’église. On termine par un arrêt au cimetière avant de rejoindre la salle des fêtes pour l’apéritif et la choucroute préparée par une petite équipe d’habitantes du village. Les natifs de Mont-devant-Sassey revenus pour l’occasion côtoient les villageois ou les invités extérieurs dans la meilleure entente : l’armistice est au calendrier mais aussi dans les esprits…

 

Le monument ( dit "le Poilu" )

   

- La Grande Brocante dans les rues du village, le deuxième ou troisième dimanche de juin.

 

 

- Les bourses aux vêtements, à la layette ou aux jouets,

organisées 3 à 4 fois par an par la dynamique équipe du Comité des Fêtes à la Salle des Fêtes.

 

 

Mont-devant-Sassey, un des plus accueillants villages de France, vous attend...

 

 

 

Pour tout renseignement ou visite de l'église, vous pouvez vous adresser aux

Amis de l'Eglise de Mont

15 ou 13 rue de la ROCHELLE

55110 MONT-DEVANT-SASSEY

Tél : 03.29.80.91.17 ou 03.29.74.80.42 ou 0032/474.52.98.13