L’EGLISE de MONT-DEVANT-SASSEY

1 - Histoire et vue d'ensemble

2 _ Le portail

3 - La nef

4 - Le transept

5 - L'abside

6 - La crypte

7 - Sortie sud de la crypte

8 - Nef latérale sud

9 - Le massif occidental

10 - Le vieux cimetière

11 - La chapelle

 
eglise de mont devant sassey

  1 - Histoire et vue d'ensemble :

L’église Notre-Dame de l’Assomption a été édifiée à partir du XIIe siècle, sur les contreforts de l’Argonne, probablement à la suite d’un ancien sanctuaire, peut-être lui-même construit à la place d’un oratoire celtique.

 

                               

 

Il existe peu de documents fiables sur l’histoire millénaire de l’édifice mais on trouve de minces indices de son existence depuis le VIIe siècle. On raconte que ce serait Pépin de Landen, bisaïeul de Charlemagne, qui aurait alors déjà commandé sa construction. Pépin de Landen avait plusieurs enfants dont 2 filles : Sainte Gertrude et Sainte Begge. Sainte Gertrude a initié la construction de la Collégiale de Nivelles, en Belgique.

(visitez aussi www.tourisme-nivelles.be ).

Sainte Begge a de son côté fondé un monastère à Andenne, en bord de Meuse, en 682, mais il a été dévasté en 883 par les Normands puis pillé et réduit en cendres en 1059. C’est alors que les Dames Chanoinesses d’Andenne se seraient réfugiées sur leurs terres de Mont-Devant-Sassey où elles auraient installé un petit couvent au XIe siècle puis débuté la construction de l’église en 1127. La rue principale du village s’appelle encore « rue d’Andenne ».

 

                                    

 

L’église est construite sur plan basilical à 3 nefs et avec un transept court. Ce plan s’inspirerait de celui de l’église primitive d’Andenne. La crypte, l’abside, les absidioles et l’est du transept ont été construits au XIIe siècle en s’inspirant du plan de la cathédrale de Verdun. Le bas-côté nord et le bas-côté sud (où s’ouvre le portail) ont été réalisés au XIIIe siècle, la tour occidentale surmontée du clocher a été édifiée au XIVe siècle. Au XVIIe siècle, l’église subit les ravages de la Guerre de Trente Ans et de la Fronde. Ces temps tourmentés obligèrent à mettre l’édifice en état de défense par la surélévation des murs du bas-côté nord et de l’abside.

 

                                      

 

L’église Notre-Dame a été assiégée et incendiée en 1660. Par la suite, elle a subi des modifications : le porche renaissance couvert a été reconstruit en 1754, les fenêtres du transept ont été agrandies, le clocher a été transformé à plusieurs reprises.

 

                                                                      

 

 

2 -Le portail : 

Le portail d’entrée ressemble quelque peu au portail sud de la façade occidentale de la cathédrale de Reims. Il est le seul de cette époque, de toute la Lorraine, à avoir conservé sa statuaire. Le trumeau, partie verticale entre les 2 portes, devait être orné d’une Vierge en pied, aujourd’hui disparue (mais dont il reste l’auréole), qui devait constituer le centre symbolique de la leçon exposée par les figures sculptées.

 

 

Les 2 groupes de 5 statues, de part et d’autre, sont assez naïvement travaillées : elles évoquent à droite l’Ancien Testament ou temps de la Loi, et à gauche le Nouveau Testament ou temps de la Paix...

 

A droite, on reconnaît Eve, Adam, Moïse, Abraham avec Isaac et Noé.

 

 
stutues de droite eglise de mont devant sassey
statues gauche eglise de mont devant sassey  
A gauche, on retrouve le groupe de l’Annonciation, soit la Vierge et l’Ange (qui est légèrement surélevé), Isaïe, St-Jean Baptiste ou Jérémie et un personnage qu’on a d’abord pensé être Pépin de Landen en donateur, portant une maquette de l’église en offrande (comme on représentait au Moyen-Age les commanditaires d’un édifice) mais qui est aujourd’hui assez formellement identifié comme Ezéchiel (ch.XLVII).

Le style est proche de celui des maîtres sculpteurs de Trèves ou de Reims.

 

Il semble qu’on puisse trouver le modèle de la statuaire de Mont à Verdun (où les éléments sculptés ont aujourd’hui disparu et dont on ne conserve que des témoignages anciens).

http://ecoleelem.damvillers.free.fr/CYCLE%203/GFX/Photos%20Mont-Devant-Sassey/tympan.JPG

 

Le tympan est orné de bas-reliefs où l’on distingue encore des traces de polychromie. Il se « lit » comme une bande dessinée, du bas vers le haut, en « S » (au départ du coin inférieur gauche). On peut voir sur le registre (rectangle) inférieur une scène de Nativité : on distingue la Vierge couchée, habilement dissimulée par un drapé (peut-être placé là pour esquiver le problème de perspective que le sculpteur ne maîtrisait pas encore ou pour préserver l’intimité de la Vierge, personnage sacré). A droite, on voit le bœuf et l’âne autour de la crèche avec l’enfant et Joseph. Plus haut sont représentés (de droite à gauche) les Mages, les Bergers et la Fuite en Egypte. Plus haut encore, on reconnaît la scène du Massacre des Innocents.

Le tout est surmonté d’une figure du Christ en majesté ou d’Hérode.

L’ensemble montre une rudesse et une certaine gaucherie très émouvantes qui trahissent une facture locale ou l’œuvre d’artisans itinérants, passant d’un chantier à l’autre.

                                       

 

Sous les statues des côtés, de petits bas-reliefs aux motifs païens, représentant des chouettes, des feuillages, un dragon et des figures grimaçantes destinées à éloigner le mauvais esprit, témoignent de la perpétuation de superstitions populaires.

On y reconnaît aussi les marques de « Compagnons Passants » qui œuvraient au long des chemins de pèlerinage.

Le porche couvert, ajouté au XVIIIe siècle, a été abîmé par les éclats d’un obus lors de la Guerre 14-18. Certains bas-reliefs ont également été endommagés par l’explosion et notamment la frise supérieure de petites maisons symbolisant la Jérusalem Céleste dont une partie s’est décrochée (l’un des fragments est exposé dans le massif occidental).

 

3 - La nef

la nef

 

Le vaisseau central est de plan basilical à 3 nefs et court transept. Il est orienté Est-Ouest sur le modèle rhénan. La nef centrale comporte 4 travées à fenêtres hautes.

Au départ, la nef était sans doute couverte par un simple plancher, comme dans les églises primitives ottoniennes, mais elle a en tout cas été voûtée sur croisée d’ogives au début du XIIIe siècle.

                            

la nef
http://www.art-roman.net/montdevantsassey/montdevantsassey3.jpg

 

Pour ce faire, c’est à cette époque que l’on a adjoint aux piles massives un groupe de 3 colonnettes destinées à recevoir les nervures de la voûte. La nef centrale communique avec les bas-côtés par des arcades en arcs brisés. Les chapiteaux sont ornés de feuillages stylisés. Les motifs sont simples et la facture est vigoureuse.

Du côté occidental, un massif à chevet plat supporte la tour de 47m. Une grande baie a été ouverte au XVIIIe siècle : des fenêtres gothiques à lancettes apportent la lumière du jour à la tribune d’orgues.

Malgré les accidents du temps et les périodes de construction successives, l’ensemble est d’une grande cohérence et d’une sobre élégance.

 

4 - Le transept

transept

 

Le transept est court. Il donnait d’un côté accès aux bâtiments conventuels (dont on a cependant jamais pu retrouver de vestiges) et de l’autre accès à un escalier montant aux tours et au chemin de ronde aménagé dans la partie fortifiée surélevée. De part et d’autre, aux extrémités, des escaliers permettent de descendre à la crypte.

Les Anciens disent que c’est dans le sol du transept qu’on perçoit le mieux la présence de courants telluriques : certaines personnes sensibles les ressentent par des picotements dans les pieds et les jambes. L’emplacement des églises, dont celle de Mont, aurait été déterminé sur les lignes de courants telluriques pour l’énergie qu’ils dégagent et qui, dit-on, inspiraient les prêtres…

Dans le sol du transept, on distingue la sépulture de 2 prêtres. Les pierres tombales du XVIIIe siècle portent l’une des inscriptions en Latin, l’autre en vieux Français.

 

Dans le bras nord, on distingue la forme d’une porte condamnée : il pourrait s’agir de l’ancien accès aux bâtiments conventuels ou d’une « porte des morts » ouvrant vers le cimetière.

 

5 - L'abside :

La nef aboutit sur le chœur roman. Il est rectangulaire à une seule travée. Il est surmonté d’une voûte en berceau et terminé par une abside à 5 pans couverte en cul-de-four.

Chacun des 5 pans est percé d’une grande fenêtre cintrée sous une arcade portée par des colonnettes disposées dans les angles. Chaque colonnette est prolongée par un petit pilastre qui s’élève jusqu’au bandeau qui souligne le départ de la voûte en cul-de-four. Ce décor des parois est commun à quelques absides lorraines.

 

 

L’abside n’a toutefois pas toujours présenté cette apparence.

Elle a été restaurée au XIXe siècle par Narcisse-Casimir LENFANT de manière contestable. L’architecte a accentué les ressemblances avec les cathédrales de Verdun, Trèves et Reims en modifiant l’aspect du chevet (ajout de 2 tourelles extérieures, surélévation du chœur et, à l’intérieur, ajout de colonnettes à la mode romane qui scandent les espaces entre les 5 pans mais qui ne figurent sur aucun relevé antérieur).

Si l’on se retourne pour contempler la nef, en se positionnant bien au centre de l’abside, derrière l’autel, on a la surprise de constater que l’abside et la nef ne sont pas construites sur un même axe. La légende raconte que les bâtisseurs se sont aperçus que le chœur construit avant la nef, n’était pas exactement orienté à l’Est, comme ce devait être le cas : ils auraient rectifié l’orientation du reste de l’édifice qui présente dès lors un angle au niveau du transept.

Les stalles en bois sculpté sont de belle facture mais valent aussi sentimentalement pour les marques qu’elles gardent des enfants de chœur qui s’y sont succédés en des temps parfois bien troublés : on peut y lire gravés des « à bas les collabos » et autres « vive Roosevelt » qui n’ont rien de roman mais qui continuent aussi à témoigner de l’histoire des hommes.

 

6 - La crypte :

 
   

                   

Le double escalier qui menait à la crypte permettait la déambulation des fidèles et des pèlerins qui descendaient d’un côté et remontaient de l’autre.

Cette crypte est remarquable, notamment parce qu’elle est ajourée et donc éclairée par la lumière du jour, ce qui est extrêmement rare : elle bénéficie en fait de sa position sur la déclivité du terrain. Elle est conçue comme une quasi réplique de la crypte de la cathédrale de Verdun et du chœur oriental de la cathédrale de Trèves. Trois travées sont séparées par des colonnes dites monolithiques, c’est-à-dire taillées dans un seul bloc de pierre. Ces colonnes sont ornées de chapiteaux évasés, sculptés de feuillages stylisés et surmontés d’arcs en plein cintre surhaussés, ce qui est également exceptionnel.

 

Un seul chapiteau est historié, à droite de l’autel : on y distingue des personnages ailés, peut-être occupés à presser du raisin, dans un style très naïf et symbolique (ayant des similitudes avec les anciens chapiteaux de la crypte de Verdun, aujourd’hui disparus).  

 

vierge_assise  

La crypte abritait une statue en bois polychrome de la Vierge assise du XIIe siècle. L'original se trouve à présent au Musée de la Princerie à Verdun où on a été contraint de le mettre à l’abri des pilleurs d’églises. Vous ne pouvez en admirer qu’une copie, posée sur un autel en pierre. L’ensemble est rigide et l’on observe les erreurs de proportions habituelles des sculpteurs de cette époque. Mais, pour l’anecdote, il est amusant de constater que la maladresse dans les traits du visage de la Vierge crée involontairement un air de famille avec… l’ancien Président François Mitterrand !!!

 

7 - Sortie sud de la crypte :

 

En sortant de la crypte par la gauche (soit côté sud) on peut distinguer à mi-hauteur de l’escalier, à quelques mètres du sol, un morceau de fresque représentant St-Quentin. Des peintures de ce type devaient recouvrir la quasi totalité des murs de l’édifice. Les colonnes à l’entrée du chœur portent encore également de légères traces de motifs peints. Ces fresques ont malheureusement disparu suite aux incendies, et ce qui restait des enduits s’est détaché ou a été délavé par l’humidité.

   

 

8 - Nef latérale sud :

En remontant la nef latérale sud (soit le côté gauche) on peut voir, scellée contre le mur, la pierre tombale d’un Père Abbé retrouvée en 2 parties dans des maisons du village et rassemblées dans leur lieu d’origine. Sur le même mur est accrochée une petite statue de Saint-Vincent, patron des vignerons. Elle rappelle le riche passé viticole de Mont-devant-Sassey. Avant les ravages du phyloxéra au début du XXe siècle, les coteaux sur lesquels est bâtie l’église étaient en effet couverts de vignes : vous en avez la preuve sur les cartes postales anciennes exposées en vitrine, à côté de l’entrée.

   

 

9 - Le massif occidental :

 

                   Au fond de l’église, le massif occidental est occupé par la tribune d’orgues. L’instrument autrefois réputé par-delà les frontières est en attente d’une restauration dans les règles de l’art qui lui rendrait sa somptuosité et surtout sa grande qualité musicale

                               orgue eglise de mont devant sassey

Sous la tribune d’orgues, une exposition permanente vous raconte l’histoire des fondeurs de cloches de Mont-devant-Sassey et notamment de la famille FARNIER installée dans le village depuis 1826. Les panneaux didactiques vous expliquent la fabrication des cloches et une vitrine vous montre quelques empreintes des délicats motifs décoratifs qu’on leur appliquait.

En sortant de l’église, regardez vers le sud, face à vous : à l’autre bout du village, vous distinguerez un curieux édifice carré surmonté d’un clocheton. C’est l’ancien atelier de la famille FARNIER, décimée par le choléra au début du XXe siècle. Entre 1200 et 1700 cloches auront été fondues à cet endroit.

 

fonderie
  L’art campanaire a porté jusqu’à l’étranger pendant des décennies le nom de Mont-devant-Sassey.

 

10 - Le vieux cimetière:

 

En sortant de l’église, prenez à gauche et longez le mur de l’abside : vous arrivez ainsi au pied du vieux cimetière. Au fil du temps, la forêt y avait repris ses droits, le rendant obscur et inaccessible. Il a été entièrement défriché, les murs d’enceinte ont été redressés ou reconstruits à façon, les tombes ont été remises en place et il est désormais entretenu par l'Association des Amis de l’Eglise de Mont.

C’est au pied de l’abside que vous trouverez les tombes de la famille FARNIER, avec une marque circulaire dans la pierre, à l’endroit où une petite cloche (en or, dit la légende) avait été scellée pour marquer leur lieu de sépulture.

Les vestiges d’art funéraire retrouvés et redressés à cet endroit témoignent d’une tradition locale : jusqu’au XVIIIe siècle, les stèles funéraires n’étaient que de modestes blocs, tout au plus sculptés, tandis qu’au XIXe siècle, les monuments seront davantage signes de l’importance de la famille, de sa réussite sociale et de sa richesse, atteignant parfois 2 à 3 mètres de haut.

le vieux cimetière   le vieux cimetière   le vieux cimetière

A Mont-devant-Sassey, beaucoup de tombes étaient surmontées de croix en fer forgé ou en fonte et les concessions étaient souvent bordées de grilles avec un portail délimitant l’espace entretenu. Certains monuments ont copié les styles et les éléments architecturaux et se sont parés de statues et de bas-reliefs. Les inscriptions gravées sur les pierres tombales sont pour la plupart très émouvantes…

 

11 - La chapelle :

  En contrebas de l’église et du cimetière, on distingue en bord de route un petit édifice rectangulaire de style néo-gothique : c’est la chapelle Notre-Dame Protectrice des Petits Enfants. Elle a été érigée au milieu du XIXe siècle, à l’endroit où la légende raconte qu’on a retrouvé une statuette de Vierge à l’enfant, près d’une source.  
chapelle mont devant sassey

 

La chapelle a été construite juste au-dessus de la source qu’on disait miraculeuse. Cette source est aujourd’hui tarie mais on peut encore y accéder en empruntant l’escalier de pierre qui descend sous l’édifice, par l’arrière. Chaque année, une procession était organisée dans le village, le premier dimanche de mai, et l’on appliquait l’eau de la source aux enfants malades en priant pour leur guérison.

Le mobilier et la statuaire de la chapelle ont été pillés. Il reste un autel en bois sculpté polychrome, de style néogothique, qui a pu être restauré et qu’on a mis à l’abri dans l’église, face à l’entrée, dans la nef latérale côté nord.

 

Eglise de mont devant sassey

 

Les Amis de l’Eglise de Mont

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